Mieux comprendre le botulisme aviaire

    Mieux comprendre le botulisme aviaire

    Des oiseaux ont été touchés par le botulisme aviaire cet été au Vésinet.

    Le Docteur Bruno Pelletier, vétérinaire, nous explique les causes et les conséquences de cette maladie.

    Les épisodes de mortalité des oiseaux sur des pièces d’eau artificielles sont des événements qui ne sont pas exceptionnels. La mortalité et la morbidité varient selon la quantité de toxine ingérée : la mortalité peut aller de 4 à 100% et de rares cas de guérison existent. Ce n’est pas un processus épidémique « contagieux » mais une toxiinfection. Il faut qu’il y ait ingestion de la bactérie qui libérera enfin dans le système digestif la toxine.

    Le botulisme se développe chez les animaux après ingestion d’une bactérie qu’ils prélèvent dans la vase notamment ou de la matière contaminée. Les restes de nourriture donnés aux animaux représentent aussi un risque. Afin de confirmer l’absence de risque pour les populations, il est important de faire un serotypage : les oiseaux sont sensibles aux toxines de type B, C, D et E, avec une prédominance nette des types C et D. Le botulisme humain est dû aux toxines A, B (très majoritaire) et E. Pour Le Vésinet, les analyses sur les animaux morts pour préciser le diagnostic clinique sont en cours.

    Conduite à tenir lors d’une suspicion de botulisme aviaire : il faut mettre en œuvre des mesures pour limiter la propagation de la maladie :
    – Isolement des animaux atteints et élimination des animaux présentant des paralysies
    – Élimination rigoureuse des cadavres.

    Prophylaxie sanitaire. La mise en place d’un plan de prophylaxie sanitaire passe par la connaissance des critères à maîtriser associée à une analyse de risque dont les critères sont :
    La charge en matière organique (dépôts végétaux, animaux morts, nourriture et déchets). Attention au pain distribué par les promeneurs !
    La concentration d’o2 et la température.

    Le Mécanisme pathogène. Le botulisme résulte de l’action d’une neurotoxine produite par la bactérie Clostridium botulinum. Les clostridies sont des bactéries, bacilles Gram positif, anaérobies strictes et sporulées, présentes dans l’environnement où elles peuvent survivre très longtemps. Ce sont des bactéries ubiquistes, largement distribuées dans le sol et l’eau. On distingue plusieurs types de neurotoxines, désignées par les lettres A, B, C, D, E, F et G. Elles sont synthétisées au cours de la phase exponentielle de croissance de la bactérie. Les neurotoxines ingérées ou produites dans le tube digestif traversent la barrière intestinale, passent dans le sang et atteignent les neurones. Contrairement aux spores d’autres clostridies, les toxines sont thermosensibles et sont également sensibles aux agents chimiques. Toutes les espèces aviaires, quelles que soient leurs conditions d’élevage, leur état sanitaire et leur niveau de performance, peuvent être touchées par le botulisme. La plupart des cas sont décrits au printemps et en été. L’environnement est une source de contamination car C. botulinum est très répandu dans le sol et l’eau (germe hydrotellurique).

    Forte de cette expertise, la Ville prévoit d’effectuer les travaux nécessaires à une meilleure oxygénation de l’eau.