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Mardi 22 mai 2012
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Interview de Gilles BouillonEntretien avec le metteur en scène Gilles Bouillon pour son adaptation de Cyrano de Bergerac, sur la scène du théâtre du Vésinet le 14 février à 20h45. Pourquoi adapter à votre tour Cyrano de Bergerac ? Cyrano de Bergerac fait partie des trois personnages de théâtre les plus mondialement connus, avec Carmen et Hamlet, mais il est assez peu souvent mis en scène. Quand j'ai eu l'acteur idéal pour incarner Cyrano, je me suis lancé dans ce projet. Cyrano de Bergerac est l'oeuvre française par excellence, mais il fallait aller au-delà du flonflon des alexandrins un peu usés afin d'y insuffler de l'énergie. Le film de Jean-Paul Rappeneau avait d'ailleurs déjà bien déringardisé le personnage. Vous adaptez souvent les oeuvres classiques à notre époque. Est-ce également le cas pour Cyrano ? Je suis un homme de 2012. Je m'efforce de parler sur des gens d'aujourd'hui. Pour Cyrano, je respecte le grand nez, les combats à l'épée, les costumes du 17ème siècle, mais nous avons dépoussiéré ce grand classique. Il n'y a pas d'entracte, c'est d'une fluidité cinématographique. Par exemple, pour la scène du balcon, celui-ci est représenté sans artifices. On cherche à déclencher l'imaginaire chez le spectateur, avec des raccourcis poétiques suffisamment signifiants, tout en s'amusant avec les costumes, de l'ancien sur du contemporain. On travaille pour ici et aujourd'hui. C'est une passerelle entre ailleurs et autrefois et ici et aujourd'hui. Qu'est-ce qui attend les spectateurs ? Nous avons 17 comédiens sur scène, un exploit de nos jours, pour cette nouvelle mise en scène d'abord présentée à Tours, puis à Paris, avant une tournée en France, Belgique et Suisse. Nous avons déjà fait 130 représentations en 2011 et 85 autres nous attendent en 2012. C'est une aventure humaine artistique sur une durée de 2h40, avec des comédiens magnifiques et un regard neuf. Cyrano est une drogue : on se demande ce que l'on peut bien mettre en scène après. Tout le monde est heureux sur scène. On se régale à le jouer partout. Vous aimez adapter Shakespeare. Y voyez-vous des ressemblances avec Rostand que vous adaptez aujourd'hui ? Edmond Rostand a bien lu Shakespeare, son oeuvre est truffée de références, mais aussi bien à Molière, qu'à Corneille ou Racine. Moi, j'avoue, je place Shakespeare au-dessus de tout. Quels sont vos projets ? Je viens de monterune pièce contemporaine, Kids, qui parle du premier jour de paix à Sarajevo. Puis je m'attaquerai à du Labiche avec une quinzaine de comédiens. Entre mars et mai, je monterai deux opéras : Mac Beath de Verdi et La Bohème de Puccini. |
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