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Mardi 22 mai 2012
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Interview UmojaRencontre avec Philippe Barreau, producteur du spectacle Umoja qui se jouera sur la scène du théâtre du Vésinet les 17 et 18 janvier à 20h45. Comment en êtes-vous venu à produire Umoja ? J'ai découvert ce spectacle toutà fait par hasard, il y a cinq ans, lors d'un passage en Afrique du Sud, à Johannesburg. C'est un spectacle écrit il y a douze ans par deux femmes, pauvres et amies d'enfance, qui rêvaient de devenir des artistes, qui se sont perdues et de vue et retrouvées, ayant accompli leur rêve. Umoja a tenu l'affiche pendant deux ans à Londres et tourne dans le monde entier, mais la France ne le connaissait pas encore. J'ai succombé à ce spectacle qui est excessivement chaleureux, joyeux, coloré, retraçant toute l'histoire de l'Afrique du Sud en musique.
De quoi ce spectacle parle-t-il ?
Il y a un narrateur qui explique avant chaque tableau ce qui attend les spectateurs. On démarre du fin fond de la brousse dans les années 1950 jusqu'à nos jours. Il n'y avait alors aucun travail pour les hommes qui partaient dans les grandes villes. On commence dans un village de Zoulous (avec des chants, des batailles), puis on se rend à Durban où l'on traverse des concours de chant a capella. Puis, c'est au tour de Johannesburg, en plein Apartheid, avec les shebeens (des bars clandestins où l'on chantait et dansait du jazz) dirigés par des femmes imposantes. C'est là que se déroulaient notamment les contrôles d'identité par la police. Dans la deuxième partie, on découvre les mines d'Afrique du Sud où les Noirs ne parlaient pas et communiquaient en faisant claquer leurs bottes. Il y a aussi une grosse partie gospel avec un répertoire connu. Puis, on atteint l'époque actuelle avec des danses de rue (comme le kwaito, sorte de hip hop), avec des rythmes très soutenus. Finalement, on retrouve en condensé tous les aspects musicaux de ce pays. C'est un spectacle qui semble très riche en émotions...Il y a trente artistes sur scène dont sept musiciens et tout est joué entièrement en live. Pendant deux heures, nous assistons à un show très physique et on sort de là épuisés. Vous savez, ces artistes sont issus des ghettos, de milieux défavorisés. Il y a beaucoup de couleurs dans ce spectacle, on en sort conquis. Et le succès ne se dément pas : c'est notre quatrième saison en France, ce qui fait plus de 150 000 spectateurs et il y en a déjà quatre millions à travers le monde ! Le Vésinet sera la première fois que nous nous rendons dans les Yvelines. Une deuxième troupe continue quant à elle de jouer à Johannesburg où ce spectacle est interprété en résidence dans un théâtre. C'est le coup de coeur de mon métier, alors que je l'exerce depuis plus de vingt ans... |
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