Têtière Le Vesinet
Mardi 22 mai 2012
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Interviews "Souffle des Marquises"

A l'occasion de la venue du spectacle Le Souffle des Marquises au théâtre du Vésinet le 9 mars à 20h30, rencontre avec Muriel Bloch (auteur et interprète) et Jean-Charles Richard (compositeur).

Muriel Bloch :

Quel type de spectacle est Le souffle des Marquises ?

On y raconte les tout débuts du jazz, avec des morceaux de musique décalés, interprétés par quatre jeunes femmes saxophonistes. Ce n'est pas un spectacle didactique sur le jazz. On est heureuses sur scène à faire ce spectacle et les gens le ressentent. Il y a une telle énergie forte ! Mon travail de conteuse fait que le public est très vite embarqué, spécialement les enfants, à partir de 8 ans. Ils adorent cette musique !

Comment en vient-on à créer une histoire sur une femme saxophoniste ?

Ce spectacle a été créé à partir de mon roman du même nom, édité en trois tomes. Ici, il s'agit de l'adaptation du premier. A la base, il s'agissait d'une
commande de la Cité de la Musique. Je devais créer une histoire qui serait racontée à des conférenciers, afin de donner envie au public d'aller dans ce
musée. J'ai alors écrit un texte alliant femmes et instruments de musique, en mettant le saxophone et son créateur, Adolph Sax, en avant. Par hasard, une éditrice de chez Naïve a lu mon histoire et elle m'a demandé d'en écrire un roman, ce que je l'ai fait avec une amie journaliste, j'avais peur de m'ennuyer à l'écrire seule. J'ai trouvé ça agréable de m'engager dans une voie romanesque et le livre a plutôt bien marché. Puis on m'a demandé d'en faire un spectacle et cela fait un an que Le souffle des Marquises tourne. On me demande maintenant d'en faire une suite !

Pourquoi ce surnom de Marquises ?

Les joueurs de jazz avaient tous des surnoms, car ils avaient une vie dure et étaient peu considérés. Pour s'en moquer, ils se sont trouvé par dérision des surnoms liés à des titres de noblesse, clin d'oeil à la culture française. Le héros de l'histoire est Noir Américain, trompettiste, originaire de la Nouvelle Orléans et il surnomme l'héroïne « Marquise » du fait d'une ancienne chanson.

Vous avez aussi joué ce spectacle en Algérie...

Oui. Comme le spectacle présente un aspect plutôt positif des femmes (c'est l'histoire d'une femme très impliquée socialement et musicalement), c'était intéressant de le présenter en Algérie. Adolph Sax est originaire de la Belgique, aussi, nous aimerions pouvoir jouer là-bas.

Jean-Charles Richard :

Comment êtes vous arrivé sur ce projet ?

J'ai rencontré Muriel Bloch via la productrice du spectacle, Chantal Atlani qui suivait ce que je faisais. Elle s'était dit que pour cette mise en scène, ma musique pouvait convenir et elle nous a présentés. J'aimais l'idée de travailler sur cette ode à la féminité (à travers l'héroïne, mais aussi Louise
Michel qui est là, en filigrane) et sur l'histoire de la musique, avec l'inventeur de l'instrument pour lequel j'ai consacré ma vie, Adolph Sax. Elle
m'a aussi présenté en tant que saxophoniste. Les quatre musiciennes étaient mes élèves au conservatoire et elles composaient un parfait quatuor féminin. Elles viennent de tous les horizons, comme les protagonistes de l'histoire. Ce sont des musiciennes européennes (France, Angleterre, Pologne), de cultures différentes. Je suis très content de ce puzzle géographique.

Comment avez-vous opéré les choix musicaux du spectacle ?

Les étapes se sont passées simplement. Muriel avait une idée très précise de ce qu'elle voulait, ainsi que le metteur en scène Olivier Balazuc qui a aussi une grande sensibilité à la musique. Le but était de servir l'histoire, à travers des arrangements qui existent déjà pour quatuor de saxophonistes créés à l'époque de Sax, ainsi que des musiques en lien avec les situations, avec réunion de pièces classiques comme Le carnaval de Venise et de jazz, ainsi que des compositions originales qui soutiennent la dramaturgie de la pièce, un peu comme une bande originale de film. Il y a aussi des pièces historiques de Satie, adaptées pour saxophone. La musique est un soutien du conte.

Le jazz peut-il plaire aux plus jeunes ?

Cette musique porte en elle une forme d'universalité ; les enfants peuvent en ressentir le mouvement. Elle a irrigué toutes les formes de musique qu'aiment les jeunes aujourd'hui.

Est-ce votre premier projet de ce type ?

J'ai déjà participé à différents projets qui mélangent les arts, notamment avec une création de bande originale de bande dessinée, mais aussi pour des gens du cirque, pour un téléfilm...

 
 
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